Coup de projecteur sur le vignoble méditerranéen

Date de publication : 13 février 2018

Des terres qui séduisent toujours autant les investisseurs

William Chase, le fondateur de la marque de chips premium Tyrrells, a fait l’acquisition au mois de décembre dernier du Domaine de la Brillane, à Aix-en-Provence. Comme de nombreux investisseurs en 2017, l’entrepreneur a fait le choix d’investir dans le vignoble méditerranéen. Dédaigné par les amateurs de vin il y a seulement 30 ans, ce vignoble est désormais l’un des plus recherchés de France. Retour sur les raisons de cette attractivité avec Adam Dakin, le spécialiste qui a accompagné l’entrepreneur dans son implantation.

Vignoble méditerranéen

Crédit photo : Paul Palau

 

Les investisseurs séduits par le vignoble méditerranéen en 2017  

Après 6 mois de recherches, l’entrepreneur britannique s’est laissé séduire par la Brillane, ce domaine biologique de 15 hectares situé à Aix-en-Provence dans l’AOC Côteaux d’Aix. Comme de nombreux investisseurs ces dernières années, cet achat répond à une envie bien spécifique : produire un vin de qualité provenant d’un terroir renommé dans le monde entier. Comme l’explique Adam Dakin, l’année 2017 aura été marquée par un engouement des investisseurs pour le vignoble méditerranéen : « Je pense notamment au réalisateur George Lucas qui a acheté le Château Margüi dans le Var, au russe Oleg Chirkunov avec le château Capion ou encore à Pierre Gattaz qui a acheté le Château de Sannes dans le Luberon ». Si l’intérêt œnologique de ces vignobles était jadis négligé, ces derniers font maintenant partie des terres les plus convoitées de France.

 

Le nouveau crédo des investisseurs : l’investissement-passion rentable 

Attirant aussi bien des investisseurs français qu’étrangers, beaucoup de ces acheteurs partagent le même crédo : transformer le produit de la cession d’une entreprise en un investissement-passion.  « Ces investisseurs sont des hommes fortunés qui cherchent à placer leur argent en se faisant plaisir. Des terroirs comme la Provence par exemple ont tout pour séduire grâce à leur potentiel héliotropique, oenotouristique et viticole » précise à Adam Dakin. A l’heure des placements boursiers incertains, les investissements vinicoles se présentent comme la promesse d’une rentabilité stable voire croissante. Comme l’explique Adam Dakin, « Depuis les années 2000, la montée en gamme des vins méditerranéens et l’engouement des consommateurs pour le vin rosé a changé la donne. Si les investissements étaient surtout immobiliers il y a une  vingtaine d’années, ils sont aujourd’hui davantage économiques et répondent à une véritable stratégie de la part des acheteurs».

 

Le vignoble méditerranéen, un investissement fructueux malgré l’envolé des prix

Séduisant aussi bien les néophytes que les professionnels, cette attractivité a eu pour conséquence d’entraîner une flambée du foncier dans certaines régions comme la Provence souligne Adam Dakin: « En à peine 10 ans, le foncier des AOP de Provence  a  été multiplié par 2 ou 3. Aujourd’hui, en fonction de l’emplacement et de la qualité de l’immobilier, un hectare de Côtes-de-Provence peut varier par exemple entre 60 000€ et 150 000€ par hectare. Au niveau des Côteaux d’Aix, il faut compter entre 35 000€ et 50 000€ par hectare.[1] » Malgré cette envolé des prix, ces investissements s’avèrent rentables notamment grâce au succès du rosé qui ne dément pas : +39 %, c’est l’évolution enregistrée par les exportations des rosés de Provence en volume entre janvier et août 2017. De quoi faire voir la vie en rose aux investisseurs !